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Radiologue en région messine, je réalise des dessins humoristiques sur le monde médical et paramédical. Vous les trouverez classés par rubriques. Ils servent entre autres à l'illustration d'un site d'expression médicale tous les week-end (Exmed.org). D'autres pages vous présenteront une galerie de mes peintures,acryliques et aquarelles,Bonne visite !

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Séries médicales télévisées

Séries médicales télévisées



Le cuisinier regarde-t il, lorsqu’il rentre de son labeur, les séries consacrées à l’art culinaire ? Le décorateur les émissions de « relooking » d’appartements ? L’agent de police, ‘Columbo’? Le médecin, les séries médicales ? La multiplication de ces émissions donne le vertige, alors nous avons là dans le désordre : ‘Urgences’, ‘Nip/Tuck’,’Grey’s Anatomy’, ‘l’Hôpital’, ‘Dr House’, ‘Plus belle la vie’, ‘Dr Quinn femme médecin’….La question est : est-ce que ces séries, destinées finalement à Monsieur-tout-le monde, influencent notre vie quotidienne, notre rapport à la médecine, notre façon de réagir face au milieu médical  et à la maladie? Suscitent-elles des vocations ?
En faisant appel dans ces séries à notre peur ancestrale de la douleur, de la maladie et de la mort, on peut se demander si nous ne cultivons  pas une hypochondrie délétère auprès du spectateur, bien que souvent, mais pas toujours, l’épisode se termine favorablement. Mais jusqu’où va l’identification du spectateur avec le patient virtuel ? Il est à craindre que le malade adepte de séries finira bien par trouver la consultation chez son vrai docteur trop courte, et les examens complémentaires prescrits trop peu nombreux. Les séries émanent en grande partie des Etats-Unis, où la technicité de la médecine américaine et son accessibilité apparente sont bien éloignées de ce que nous pouvons offrir en pratique en Europe. Sauf peut-être dans ‘Dr House’, praticien interniste privilégiant encore l’examen clinique, série pour laquelle je m’interroge si je suis la seule sur la planète à la trouver parfaitement inepte ??? Pardon, je sais qu’il y a des fans, mais en trente ans de carrière on ne sera confronté peut-être qu’à un seul des cas exotiques que Dr House voit en une semaine et solutionne en une heure. Les cas sont ce qu’on appelle des « moutons à cinq pattes », c’est à dire qu’on ne les rencontre quasiment jamais en pratique réelle,  et ils sont résolus dans l’incompréhension très vraisemblable de 99% des spectateurs. Cette série a le mérite toutefois de s’intéresser à des problèmes de médecine interne, car généralement, les héros, les vrais, ce sont les hommes en vert, j’ai nommé les chirurgiens, les vrais docs en somme, ceux qui savent TOUT faire, diagnostiquer le problème médical et opérer dans la foulée, cinq heures durant s’il le faut, alors que de mon temps d’étudiante (ça remonte..), l’une des préoccupations du chirurgien  était de ne pas faire lui-même un collapsus à la suite de la station debout prolongée. Bande de mauviettes…Ce qui fait donc que le malade auquel vous aurez diagnostiqué une cholécystite vous demandera d’abord quand-est ce qu’il aura son IRM et puis son PET-scan, siouplé, et ensuite quand-est ce que vous effectuerez sa cholécysto sous coelio avec lithotritie au laser troisième génération télécommandé par ordinateur BX2RK comme dans l’épisode 9654 de la série Urgence….
Quant à éveiller des vocations, cela paraît difficile, tant les protagonistes sont occupés en dehors de leur supposée activité médicale à sauver des enfants suicidaires, à tenir la main d’une pauvre vieille clocharde malade, à régler leurs histoires de cœur (pour employer un terme décent) quand il ne s’agit pas des problèmes de cœur (toujours pour employer un terme décent) de leurs collègues, tout ça dans un décor de tubes, tuyauteries et machinerie clignotante. On dirait que le personnel passe à peu près , dans un bon jour, une petite demi-heure dans le service à s’occuper des patients, dans une journée où en pratique mes chers confrères et moi-même ne trouvons parfois pas le temps d’aller vider nos propres vessies, et où prendre un café relève de l’utopie. Du coup tous ces gens dans le petit écran, étant occupés à bien plus intéressant qu’une grippe ou un furoncle, ne deviennent attentifs qu’en cas d’hémorragie cataclysmique ou bien d’une nécessité de dé-choquage. Et là, la moindre opération devient une catastrophe, hautement dramatisée, suivie d’une réanimation spectaculaire, avec la famille qui regarde par le hublot de la salle d’opération quand elle ne rentre pas carrément tenir la main du parent pris en charge. Ils ne connaissent donc pas l’asepsie en Amérique dans leurs hôpitaux ? Le staphylocoque s’arrête poliment à la porte de la salle d’intervention ? Les infections nosocomiales ont l’air d’être traitées par le mépris…
Bref, nonobstant, ne nous privons pas de ces tranches irréalistes dans le monde effrayant du corps et de la santé, où nous sommes pris en charge par des médecins beaux comme des dieux, avec un sixième et même septième sens pour nous sauver la vie, traversant les couloirs la blouse (verte de préférence) flottant au vent, le regard fixé vers l’horizon de leur devoir, le jarret ferme et tendu, la chevelure ondoyante, la vocation chevillée à leur corps irréprochable…..Wouaouhhh, Georges mon beau Georges (mais non, pas le voisin! Clooney bien sûr), quand tu veux, je suis ton homme……
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